Administration Trump – Une guerre anti-médias aux allures de dictature.

 

Par Victor Henriquez

Lorsque le Président Trump a été élu, j’étais de ceux qui croyaient que le pouvoir le radoucirait, que son discours était électoraliste et qu’il n’oserait pas aller aussi loin qu’il l’avait dit en campagne électorale. Eh bien, je dois avouer que j’ai eu tort. À ma décharge, je suis loin d’avoir été le seul et malheureusement, Donald Trump n’a pas seulement fait tout ce qu’il a dit, mais pire, il est parti dans une guerre ouverte contre tous ceux qui ne disent pas comme lui, particulièrement les médias d’information.

Jusque-là, malgré ma surprise, c’est tout à fait son droit d’exprimer son opinion. Cependant, ça n’était pas suffisant. Cet après-midi, nous venons d’apprendre que son entourage a interdit l’accès à un point de presse de la Maison-Blanche à quatre grands médias d’information : CNN, le Los Angeles Times, le New York Times et Politico. Cette décision très exceptionnelle est la démonstration d’une dérive de plus en plus dangereuse contre la liberté de presse, contre la liberté d’expression et surtout, contre la démocratie.

En effet, Donald Trump, ne se gêne pas pour parler de certains médias de masse comme ses principaux ennemis. D’ailleurs, son conseiller principal, Steve Bannon a décrit les médias comme « l’opposition » lors d’une conférence devant le Comité d’action politique conservateur (CPAC). Jusque-là, même si le discours est « intense », il me semble encore dans les limites de l’acceptable puisque l’existence de l’opposition est le symbole d’une saine démocratie et que cette opinion sur un possible biais des médias leur appartient.

Cependant, en bloquant l’accès à la Maison-Blanche, Donald Trump vient de franchir la ligne mince entre une guerre avec les médias et une attaque inacceptable contre la démocratie et la liberté de la presse.

Par ce geste, le Président et son équipe indiquent sans aucune gêne qu’il y aura des conséquences pour toute organisation qui se positionnera contre ses politiques et qui tentera de dénoncer ses agissements. Il démontre aussi qu’il utilisera les moyens à sa disposition pour tenter de contrôler l’information et que toute attaque contre lui sera punie. Cela commence à ressembler étrangement au contrôle de l’information et dérive tranquillement vers un gouvernement au mieux autoritaire, au pire dictatorial.

En tant que relationniste, la communication est l’expression la plus importante de la démocratie. De plus, en tant que fils de réfugié politique chilien, j’ai été témoin des dérives d’un gouvernement qui refusait toute attaque et qui brimait la presse lorsqu’elle le dénonçait. Cependant, je ne pensais pas être témoin un jour d’un geste aussi clair d’attaque contre la liberté de la presse dans un pays démocratique et aussi influent que les États-Unis.

De plus, lorsque cette attaque vient d’un président pour qui les vérités « alternatives » sont légion, qui invente un attentat en Suède et dont certains conseillers sont des ayatollahs de l’extrême droite, nous avons le droit d’être inquiets et le devoir de dénoncer.

Être relationnistes, c’est souvent être en désaccord avec la façon que les médias ont de traiter la nouvelle. C’est souvent débattre avec des journalistes et tenter de les convaincre de certains angles qu’ils ne voient ou ne veulent pas voir. Mais en fin de compte, c’est travailler ensemble pour transmettre de l’information au public et nous assurer qu’ils sont au courant des décisions prises par les décideurs, des points de vue divers de notre société et des opinions contraires qui font la démocratie. Je pensais que cette vision était acquise dans notre société. Il semblerait bien que l’administration Trump vient d’en décider autrement.

Administration Trump – Une guerre anti-médias aux allures de dictature.

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